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  • L’Île A.Z.

    Cette série peinte en 2013 présente trois formats 240 x 386 mm réalisés à la gouache et préparés pour une exposition thématique intitulée « Une île, des îles ». Lors de mes recherches autour de ce thème, j’ai découvert le projet de « l’île A.Z. », qui fut à l’origine de mes peintures et qui aiguilla le déroulé de ce triptyque. ¶ Ce projet d’île artificielle mobile, développé en 1990 par l’architecte J.-P. Zoppini et le groupe Alstom, aurait dû être le plus gros paquebot de luxe au monde (conçu pour accueillir jusqu’à 10 000 personnes sur une surface de 10 ha, contenant hôtels, piscines, marina, etc.). Le chantier, irréalisable car trop volumineux, fut abandonné. ¶ Partant de cette île, symbole d’une certaine démesure élitiste et inconséquente des années pré-90, j’ai décidé de la représenter entourée du reste de l’alphabet, dans une micro-fable en trois temps. La narration suit une logique implacable, à la Jean-Pierre Brisset. ¶ Chaque île est nommée avec deux lettres de l’alphabet (à la suite de A.Z., donc B.Y., C.X., D.W., etc.) faisant un tour complet autour de l’île A.Z., représentée au centre de chaque format. Pour chaque lettre, un objet ou un personnage. Ainsi A comme Ancre et Z comme Zèbre. ¶ Dans le format L’île A.Z. attendant la montée des eaux, le paquebot est piégé dans l’archipel de l’alphabet. Il doit attendre, pour effectuer sa croisière, que le niveau de la mer monte, entrainant la disparition des autres îles. ¶ Au format suivant, L’île A.Z. a levé l’ancre, la montée des eaux a eu lieu, entrainant également la montée des O. (Obus et Œil) sur l’île A.Z. Cette dernière lève l’ancre, ainsi l’encre (utilisée sur le premier format) est retirée de l’île. ¶ Le reste de l’histoire suit ce principe de jeux de mots et d’homophonies ; c’est donc le langage qui est ici pris au piège et qui créé une narration malgré lui, à travers une méthode naïve et une exécution minutieuse. Dans la lignée du Locus Solus de Roussel, L’île A.Z. propose une visite dans un univers clos et mécanique, où la langue, prise à défaut, nous offre une variation libre. ¶ Triptyque (240 x 386 mm), gouaches et encre de Chine sur papier Canson.